18/05/2010

J'VAIS SANS DOUTE VOUS PARAITRE NAZE !

J'suis né, il y a un certain nombre d'années, dans une contrée ni plus ni moins favorisée des dieux. Il y avait là des ouvriers plus ou moins qualifiés (mon père en était), des notables plus ou moins importants (le maît' d'écol' en était un). Il y avait en face de chez nous un marchand d'vélos (la boutique existe encore, tenue par un pépé qui a... mon âge !). Notre quartier était coincé entre un couvent abritant une école primaire (où j'ai usé mes fonds d'culotte) et un cimetière (où désormais mon papa a 54 ans pour l'éternité et ma maman est à ses côtés pour lui repasser ses chemises).

Au bout de la rue, à la place d'un hôpital, s'est construit un supermarché (je ne cherche aucun rapport entre les deux). L'autre rue nous conduisait sur la place communale où trônent presque en opposition la maison communale et l'église (du XVIIe siècle - pur style Louis XV, comme disait papa).

De l'autre côté, une rue nous conduisait à la ferme où, dès l'âge de 4 ans, j'allais, tout seul, chercher le lait et la maquée dans mon p'tit pot en fer blanc. L'autre rue nous conduisait dans notre camp de vacances, chez la grand-mère, notre mémère qui décida qu'un siècle de vie était bien assez avant de nous quitter.

Le tramway s'arrêtait pile poil devant la porte d'entrée de notre maison, ce qui faisait trembler l'arrière-grand-père en photographie dans notre salon. Il faut dire que quelqu'un avait décidé de mettre toutes ses décorations du même côté. Ety donc, désormais, patiemment et régulièrement, papa redressait son grand père qui s'était laissé aller du côté du poids des breloques.

La rue était notre terrain de jeu, les trottoirs larges et en terre, les rues en pavés...

Nous étions heureux.

N'allez pas croire que je sois passéiste. Sinon, quel sens aurait le fait de manipuler un ordinateur et d'écrire sur un blog ?

Non. Je ne regrette rien. Je me souviens de joies simples. De quatre soldats en plastique et d'une jeep Dinky Toys reçus comme un incommensurable trésor, un matin de Saint-Nicolas. Comme je me remémore le train, la brouette et le fusil en bois que notre menuisier de papa avait patiemment façonné sur son banc, en grand secret.

La vie a coulé avec ses joies et ses peines. Avec ses grands moments et ses puits sans fond de tristesse. Le temps s'est écoulé. Et je me retrouve à l'entrée de l'automne de ma vie, devant toutes ces images qui défilent...

La larme à l'oeil ? Non, pas vraiment. Chaque âge eut ses joies, celui d'aujourd'hui a les siennes. Mais, de plus en plus, me vient l'envie de me retourner... L'envie de mesurer le chemin parcouru, de l'estimer d'un regard, d'en apprécier les difficultés vaincues, de faire la moue devant les moments plus pénibles...

J'vais peut-être vous paraître à la masse, complètement caduc ou en passe de l'être. Peut-être pour vous. Pas pour moi.

Ce que j'ai vécu me permet de vous promettre, à vous les plus jeunes, que vous vivrez les mêmes sensations, sans aucun doute différentes dans les détails mais tellement identiques sur le plan du fond, du ressenti, de celui qui vous prend les tripes comme en ce moment où j'écris et qui...

Bon, stop. Bonne soirée et à la prochaine.

21:23 Écrit par JM dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.