08/06/2010

LETTRE D'UN CITOYEN LAMBDA

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Bonjour Mesdames et Messieurs, membres du monde politique.

Comprenez mon embarras... il y a tant et tant de choses que je souhaite vous dire... Tellement que je ne sais par où commencer.

A vous, les Alexander, Bart, Björn, Caroline, Didjé, Elio, Gérard, Jean-Michel, Joëlle, Marianne, Olivier, Sarah, Wouter ainsi qu'à tous les autres qui les suivez, les soutenez, les inspirez, laissez-moi vous dire mon désarroi.

Arrivé à l'automne d'une carrière effectuée dans ce qui fut un service public et est devenu "un oiseau pour le chat", je m'interroge sur le peu qui me reste de mon futur. Ainsi, en début de carrière, j'ai accepté de gagner "moins que dans le privé". C'était à l'aube des années '70. Cette acceptation avait une une contrevaleur: celle d'une pension un peu plus confortable...

Dans 5 années, je serai donc à la retraite. Première inquiétude: de quoi sera faite la pension en vue de laquelle j'ai cotisé (consciencieusement ? je n'avais pas trop le choix !)...

Mais l'âge de la retraite qui s'approche est aussi le moment où on commence à regarder derrière soi, lorsqu'on évalue le chemin parcouru... Et, là aussi, je reste désemparé...

Oh, sur le plan personnel, malgré quelques échecs et quelques bourdes (qui n'en subit ou n'en fait pas), je n'ai pas trop à me plaindre de ce que je suis devenu. Par contre, sur le plan de mon cadre de vie (terme pris au sens large), j'ai moins de raisons de me réjouir...

Ainsi, au fil des ans, j'ai vu croître de manière exponentielle les niveaux de pouvoir dans ce pays qui, vu de la lune, est à peine plus grand qu'une crotte de mouche... Je n'ai pas de statistiques en la matière mais j'ai le sentiment que mon petit pays bat tous les records mondiaux en termes de nombre de créatures politiques au mètre carré, tous niveaux de pouvoir confondus... Je reste interloqué...

Mon père s'est battu, lors de la seconde guerre mondiale, sans se poser la question de savoir s'il défendait un village wallon ou un hameau flamand. Il défendait son pays. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que d'aucuns veulent, chaque jour un peu plus, découper en tranches ce petit coin de terre où l'on vit, où chacun essaye d'être heureux.

Mes loisirs m'ont amené à collaborer avec des néerlandophones (ceux que certains, en Wallonie, s'obstinent à qualifier, péjorativement, de "flaminds"). Même si la manière de penser et d'agir est différente (encore que...), je me rends compte que, de chaque côté de la frontière linguistique, les préoccupations essentielles sont identiques: avoir un toit, un boulot, une santé, de quoi garnir l'assiette du midi,...

Alors, vous, les Alexander, Bart, Björn, Caroline, Didjé, Elio, Gérard, Jean-Michel, Joëlle, Marianne, Olivier, Sarah, Wouter, je vous demande un peu: vos  préoccupations linguistico-communautaires ne sont-elles pas une manière de nous rouler toutes et tous dans la farine et faire en sorte qu'un seul avenir soit assuré...

LE VOTRE ?

15:38 Écrit par JM dans C... de g...! | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

désemparée... Encore bien loin de la retraite la "petite jeune" que je suis... Et, allez savoir pourquoi, je travaille dans "le social"... Point de vue pension, je suis plus que mal barrée... Et quant à la misère sociale, j'ai les pieds dedans tous les jours (je bosse avec des personnes atteintes de maladies mentales qui sont obligée de travailler pour faire du rendement alors que notre lieu de vie est soit disant thérapeutique... le comble, nous sommes proches de la faillite tant économique que sociale! soit... je fais de la réinsertion, mais je me demande dans quoi je réintègre qui..?)
J'en reviens à mes affaires... Je cherche une once d'adhésion citoyenne dans le coeur des hommes, autre que la relance économique, je souhaite une relace éducative, humaine, etc. Quand les politiciens finiront-ils de nous considérer uniquement comme des travailleurs au service du PNB? les 2 autres tiers de la journée, nous sommes des parents, des enfants, des étudiants, etc. mais quelle considération le monde politique nous apporte t-il quand nous ne produisons pas!? A vrai dire, nous devrions bien sur-consommer, bien-voter, bien-survivre... MAis quand pourrions nous vivre pleinement cette "humanitude"? Bien plus qu'une adhésion citoyenne, c'est de connaître son voisin, ne plus avoir peur de l'autre, prendre en compte les difficultés et les complexités de tous... Le refus de la complexité est l'essence de la tyrannie! (E. Morin si mes souvenirs sont bons...) Quelle démocratie nous reste t-il en Belgique!

Écrit par : L'Art...Hussarde | 09/06/2010

Bonjour... Un petit mot en passant ...
pour te souhaiter une merveilleuse journée...
avec un beau gros soleil dans ton coeur....

Coeurdenfant

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Écrit par : Coeurdenfant | 09/06/2010

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